Les deux premières horloges nucléaires opérationnelles sont arrivées ensemble, mises au point par des équipes qui ne s'étaient pas concertées, et aucune ne bat la meilleure horloge atomique. L'indépendance des deux résultats est le fait le plus important, car elle suggère que l'approche ne dépend pas du montage particulier d'un seul laboratoire.
Deux équipes, deux villes, un résultat #
Le fait principal est simple. Des équipes scientifiques travaillant séparément à Vienne et à Pékin ont mis au point les deux premières horloges nucléaires opérationnelles au monde. L'une est dirigée par Thorsten Schumm, de la TU Wien ; l'autre par Shiqian Ding, de l'Université Tsinghua. Chacune a décrit sa réussite dans un article scientifique publié dans la revue Nature.
Beaucoup d'annonces en physique suivent un schéma connu : un laboratoire revendique une première, et tous les autres attendent que quelqu'un la reproduise. Celle-ci est arrivée avec la question de la réplication déjà à moitié résolue. Ding a déclaré que les deux équipes avaient travaillé indépendamment et obtenu au même moment des horloges nucléaires au thorium-229 opérationnelles, par des approches expérimentales différentes. Cette phrase pèse plus lourd qu'il n'y paraît. Un groupe seul peut construire un appareil qui fonctionne grâce à une particularité de son propre banc d'essai, de son propre lot de cristaux ou de son propre laser. Deux groupes, dans deux villes, empruntant des voies différentes vers le même type d'appareil, écartent l'explication par la particularité bien mieux qu'un article isolé ne le pourrait.
Ding a lui-même fait la même remarque. Il a dit trouver les résultats indépendants encourageants, parce qu'ils montrent que le concept est robuste et ne dépend pas d'une mise en œuvre technique particulière. C'est sa lecture, et il vaut mieux la traiter comme un jugement que comme une grandeur mesurée. Mais elle est raisonnable. Quand deux mises en œuvre diffèrent et que les deux fonctionnent, l'idée qui les sous-tend ressemble moins à un coup de chance.
Du côté de Schumm, l'histoire est celle de la patience. Il a indiqué que son équipe travaille à une horloge nucléaire depuis 2008. L'appareil désormais démontré n'est pas le fruit d'une intuition soudaine ; c'est l'aboutissement d'un long effort tendu vers un seul objectif.
Ce que fait réellement une horloge, et ce qui change ici #
Les horloges atomiques sont des machines de mesure du temps d'une précision extrême, créées pour la première fois en 1949. Elles fonctionnent en utilisant des lasers ou des micro-ondes pour faire sauter des particules subatomiques, les électrons, d'avant en arrière entre deux niveaux d'énergie du cortège électronique d'un atome. On utilise des éléments comme le césium ou le strontium. C'est la nature régulière et reproductible de ce saut qui donne à l'horloge son tic-tac.
Les performances de cette approche sont déjà extraordinaires. Les meilleures horloges atomiques classiques peuvent fonctionner des milliards d'années en ne perdant ou en ne gagnant qu'une seule seconde. Toute nouvelle conception d'horloge doit être jugée à l'aune de ce chiffre, et la barre est exigeante.
| Dimension | Horloges atomiques classiques | Horloges nucléaires au thorium-229 |
|---|---|---|
| Mécanisme physique | Transitions du cortège électronique (césium/strontium) | Transitions des protons/neutrons dans le noyau de thorium-229 |
| Moyen de sondage | Micro-ondes ou lasers optiques sur les électrons de valence | Laser ultraviolet du vide sur des noyaux inclus dans un cristal |
| Substrat hôte | Cellules à gaz ou pièges à réseau optique refroidis par laser | Cristaux solides de fluorure de calcium ($CaF_2$) |
| Performances actuelles | Des milliards d'années pour gagner/perdre $\le 1$ seconde | Précision égale à celle des horloges atomiques dans une recherche de matière noire |
| Stabilité visée | Référence internationale établie ($10^{-18}$) | Gain de stabilité d'un ordre de grandeur projeté |
| Format matériel | Grands appareils de laboratoire sous vide, fragiles | Potentiel d'unités de terrain compactes, durcies et à l'état solide |
Les nouvelles horloges déplacent le lieu du saut. Au lieu des électrons du cortège, elles utilisent des lasers pour faire sauter des protons et des neutrons entre des niveaux d'énergie à l'intérieur du noyau d'un atome, ici le thorium-229. Dans une horloge nucléaire, le temps est calculé en observant la manière dont un laser de forte puissance interagit avec le noyau d'un atome.
La raison de déplacer l'action vers l'intérieur est présentée comme une possibilité, pas comme un résultat. Suivre des transitions à l'intérieur du noyau pourrait atteindre une précision supérieure à celle obtenue avec les électrons, parce qu'un noyau atomique est beaucoup plus petit que le cortège qui l'entoure. La nuance compte. L'affirmation est que la cible plus petite pourrait permettre une meilleure précision, et rien dans les éléments disponibles à ce jour n'indique qu'elle l'a fait.
La recette commune : du thorium-229 dans du fluorure de calcium #
Les deux horloges nucléaires reposent sur l'isotope thorium-229, piégé dans des cristaux solides de fluorure de calcium. Les équipes de Vienne et de Pékin décrivent leurs appareils comme utilisant des lasers pour sonder des noyaux de thorium-229 inclus dans ces cristaux.
Il vaut la peine d'être précis sur ce qui est partagé et ce qui ne l'est pas. L'isotope et le matériau hôte sont communs aux deux. Les approches expérimentales ne le sont pas. La déclaration de Ding selon laquelle les équipes ont suivi des approches expérimentales différentes, combinée à la comparaison ultérieure des deux systèmes par Schumm, nous dit où se situent les différences, au moins en partie : la qualité des cristaux et la puissance du laser.
Cette comparaison est l'un des détails les plus utiles de toute l'histoire. D'après Schumm, l'horloge de Vienne dispose de cristaux de thorium légèrement meilleurs, avec une concentration plus élevée et de meilleures propriétés optiques, tandis que l'équipe de Pékin dispose d'un laser plus puissant. Chaque équipe a construit un point fort qui manque à l'autre. Il est rare qu'une première génération d'appareils concurrents se partage le travail aussi nettement, et cela offre au domaine une prochaine expérience évidente.
Le tableau d'honneur, sans fard : pas encore meilleures que les horloges atomiques #
Si vous êtes venu chercher un chiffre de précision record, il n'y en a pas. Selon les équipes, les horloges nucléaires pourraient surpasser les meilleures horloges atomiques classiques, mais ce n'est pas encore le cas. Autrement dit, les horloges nucléaires ne dépassent pas encore la précision des horloges atomiques.
Schumm a été direct sur le chemin qui reste à parcourir. Il a déclaré que l'horloge nucléaire est encore loin de ses performances cibles et que les chercheurs cherchent à perfectionner la technologie. C'est précisément ici qu'il faut résister à l'exagération. Un appareil qui existe et fonctionne est autre chose qu'un appareil qui l'emporte. La réussite, ici, est qu'une horloge nucléaire opérationnelle existe désormais en deux exemplaires. L'idée qu'une telle horloge surpassera les meilleures horloges atomiques reste un potentiel, pas un résultat.
Je dirais que ce cadrage rend l'histoire plus intéressante, pas moins. Les annonces qui arrivent avec un avantage acquis se rangent facilement. Une annonce qui dit « cela fonctionne, ce n'est pas encore meilleur, et voici pourquoi nous pensons que cela pourrait le devenir » invite à une question plus utile : qu'est-ce qui sépare exactement les appareils actuels de l'objectif ?
Les deux équipes voient des voies d'amélioration claires, et Schumm en a proposé une concrète.
Réunir le meilleur de Vienne et de Pékin #
Schumm a indiqué que réunir les composants de Vienne et de Pékin permettrait de construire une horloge nettement meilleure. Sa remarque complète était : « rien qu'en réunissant ces composants, nous pouvons construire une horloge nettement meilleure ». La déclaration reste prudente, au sens où elle décrit ce qui pourrait être construit, et non quelque chose qui a été construit et mesuré.
La logique se suit aisément à partir des affirmations. Les cristaux de Vienne sont légèrement meilleurs, avec une concentration en thorium plus élevée et de meilleures propriétés optiques. Le laser de Pékin est plus puissant. Une horloge qui observe la manière dont un laser de forte puissance interagit avec le noyau d'un atome bénéficierait vraisemblablement à la fois d'une meilleure cible et d'un meilleur laser. Je le signale comme ma lecture du propos de Schumm, et non comme un résultat supplémentaire : ses propres mots sont que combiner les composants pourrait donner une horloge nettement meilleure, et aucun chiffre de performance ne les accompagne.
Il y a là une leçon pratique pour quiconque construit dans un domaine technique jeune. Le développement parallèle par des groupes distincts peut ressembler à un doublon coûteux. Ici, il a produit deux ensembles de points forts complémentaires et une recette toute prête pour un troisième appareil plus performant. Les éléments disponibles ne disent pas si les deux équipes collaboreront réellement sur une telle horloge, je ne le suggérerai donc pas. La question ouverte est simplement de savoir si la combinaison apportera l'amélioration qu'attend Schumm.
Un premier test : la recherche de matière noire #
Une horloge qui se contente de battre est une preuve de principe. Une horloge qui fait de la physique est davantage. L'équipe de Vienne a démontré que son horloge pouvait mener une expérience de physique de précision, en cherchant à détecter de la matière noire.
L'expérience n'a pas détecté de matière noire. Il est important de le dire clairement, car une recherche de matière noire qui ne trouve rien peut passer pour un échec. Le résultat qui compte ici concerne l'instrument, pas la particule : l'horloge nucléaire a atteint le niveau des meilleures horloges atomiques.
Lisez cela attentivement, car cela se trouve juste à côté de la limite décrite plus haut. Les horloges nucléaires ne dépassent pas encore la précision des horloges atomiques, et pourtant l'horloge de Vienne a égalé les meilleures horloges atomiques dans une expérience de précision. Ces deux affirmations ne sont pas en contradiction. Égaler le meilleur n'est pas le battre, et le fait que le premier appareil opérationnel atteigne ce niveau est un jalon précoce significatif. Cela nous dit que l'horloge est déjà assez bonne pour servir d'instrument scientifique, et pas seulement d'objet de curiosité.
J'irais plus loin : c'est l'élément de preuve le plus convaincant de toute l'histoire. Affirmer qu'une chose a du potentiel ne coûte pas cher. Démontrer que la toute première version opérationnelle peut mener une expérience de précision au niveau des meilleurs instruments existants, si.
Pourquoi la physique pourrait favoriser le noyau, et pourquoi la prudence s'impose #
L'argument en faveur des horloges nucléaires repose sur la taille. Un noyau atomique est beaucoup plus petit que le cortège qui l'entoure, et suivre des transitions à l'intérieur pourrait atteindre une précision supérieure à celle obtenue avec les électrons. C'est le mécanisme avancé, et il s'accompagne d'un « pourrait ».
L'attente plus large des chercheurs suit le même schéma. Ils pensent que les horloges nucléaires, une fois perfectionnées, pourraient faire le travail encore mieux que les horloges atomiques classiques, et être construites de manière moins encombrante et moins fragile. Deux espoirs distincts tiennent dans cette phrase : de meilleures performances, et une construction moins encombrante et moins fragile. Tous deux sont conditionnés au perfectionnement préalable des horloges, et tous deux sont nuancés par un « pourraient ».
Pour les lecteurs qui évaluent des paris technologiques, la discipline consiste à garder les nuances attachées. Ce qui est démontré : deux horloges opérationnelles, une expérience de matière noire menée au niveau des meilleures horloges atomiques. Ce qui est espéré : une précision supérieure, un matériel plus petit et plus robuste. L'écart entre ces deux listes, c'est le travail qui reste à faire aux équipes.
Où les horloges nucléaires pourraient servir #
Schumm a dit envisager des usages des horloges nucléaires dans des domaines comme la navigation par satellite, la synchronisation des transferts de données, la topographie et la métrologie. Plus largement, les horloges nucléaires pourraient aider à la navigation, à la synchronisation des données, à la recherche de matière noire et à la vérification de la variation éventuelle des constantes fondamentales dans l'espace et le temps.
Ce sont des possibilités, et la formulation de la source les maintient comme telles : Schumm les envisage, et les horloges pourraient y contribuer. Aucune n'a été démontrée avec une horloge nucléaire. La seule application de la liste qui ait été tentée est la recherche de matière noire, et elle n'a donné aucune détection, même si elle a montré les performances de l'horloge.
L'étendue mérite tout de même d'être remarquée. La navigation, le transfert de données et la topographie sont des usages pratiques, proches de l'infrastructure. La matière noire et la question de la variation des constantes fondamentales dans l'espace et le temps portent sur la structure même de la physique. Qu'une seule catégorie d'instrument soit proposée pour les deux est un éventail inhabituel. Si je devais choisir l'application la plus proche d'être prouvée, ce serait celle de la physique de précision, puisque c'est là que l'équipe de Vienne a déjà mené une expérience.
Ce que les fondateurs et les lecteurs techniques devraient en retenir #
Les lecteurs techniques cherchent souvent une leçon d'ingénierie, et il y en a une claire dans la manière dont ce résultat est arrivé.
D'abord, une convergence indépendante est un signal plus fort qu'un succès isolé. Deux équipes qui, travaillant séparément, obtiennent au même moment des appareils opérationnels par des approches différentes : c'est le genre de preuve qui indique qu'une direction est réelle. La lecture de Ding, selon laquelle le concept ne dépend pas d'une mise en œuvre technique particulière, en est le cœur.
Ensuite, la limite est énoncée d'emblée, par ceux-là mêmes qui ont construit les appareils. Selon les équipes, les horloges nucléaires pourraient surpasser les meilleures horloges atomiques classiques, mais ce n'est pas encore le cas. Schumm a dit que sa propre horloge est loin de ses performances cibles. Si vous évaluez une technologie jeune, ce genre de franchise de la part des concepteurs vaut plus qu'une affirmation de précision sur papier glacé, parce qu'elle vous dit où se trouve le vrai travail restant.
Enfin, la voie d'amélioration est concrète. Les cristaux de Vienne et le laser de Pékin sont des composants précis et nommables, et la suggestion de Schumm est précise elle aussi. C'est très différent d'une vague promesse selon laquelle « la suite du développement » aidera. Une feuille de route bâtie sur des pièces identifiées est plus facile à tester, et à faire échouer de façon visible, qu'une feuille de route bâtie sur des aspirations.
Je dirais que la lecture commerciale en découle, avec une réserve. Les applications citées dans la source sont la navigation, la synchronisation des données, la topographie et la métrologie, qui sont toutes des propositions. Les éléments disponibles soutiennent une technologie au stade de la recherche, avec des étapes d'amélioration identifiées, pas un produit. Quiconque bâtit dessus devrait traiter la construction moins encombrante et moins fragile comme un objectif que les chercheurs jugent atteignable une fois les horloges perfectionnées, et non comme quelque chose de déjà démontré.
Ce qu'il faut surveiller ensuite #
Les questions que soulèvent les éléments disponibles sont étroites et vérifiables.
Une horloge combinant des cristaux de la qualité de ceux de Vienne avec un laser de la puissance de celui de Pékin sera-t-elle construite, et apportera-t-elle les performances nettement meilleures qu'attend Schumm ? La source dit que ce serait possible. Elle ne dit pas que cela a été fait.
Une horloge nucléaire franchira-t-elle la ligne qui sépare le fait d'atteindre le niveau des meilleures horloges atomiques de celui de les dépasser ? Les équipes le décrivent comme un potentiel, pas comme un résultat, et toutes deux voient des voies d'amélioration claires. La référence est claire : les meilleures horloges atomiques classiques peuvent fonctionner des milliards d'années en ne perdant ou en ne gagnant qu'une seule seconde, si bien qu'une horloge nucléaire qui revendique la première place doit le démontrer face à cette norme.
Et la promesse d'un appareil moins encombrant et moins fragile tiendra-t-elle une fois les appareils perfectionnés ? C'est un espoir formulé par les chercheurs, pas une mesure.
La source laisse une dernière question en suspens, et c'est celle à laquelle j'aimerais le plus une réponse. L'expérience de matière noire de Vienne n'a rien trouvé, et pourtant l'horloge a égalé les meilleures horloges atomiques en menant la recherche. Si une horloge nucléaire perfectionnée peut réellement faire mieux, ce même type d'expérience devient le premier endroit où la différence apparaîtrait. Savoir si elle apparaîtra est, pour l'instant, la question ouverte qui compte le plus.
Ce que cela signifie par secteur #
L'arrivée d'horloges nucléaires au thorium-229 opérationnelles n'affecte pas tous les domaines de la mesure du temps de précision de la même manière. La réponse opérationnelle dépend de la nature du besoin : métrologie primaire terrestre, navigation orbitale autonome ou spectroscopie fondamentale en laboratoire.
Métrologie et étalons de temps #
Les laboratoires de temps primaires ne remplaceront pas du jour au lendemain les étalons à réseau de strontium ou au césium. Les horloges nucléaires établissent une référence d'étalonnage parallèle dont les sensibilités environnementales (champs électriques et magnétiques parasites) diffèrent fondamentalement de celles des horloges à cortège électronique, ce qui permet pour la première fois de recouper les erreurs systématiques entre les instituts de métrologie internationaux.
Navigation par satellite et télécommunications #
Si les architectures à cristaux solides de fluorure de calcium se révèlent moins encombrantes et moins fragiles en production, les agences spatiales et les opérateurs de constellations pourraient déployer une précision de qualité optique directement en orbite, sans refroidissement cryogénique ni chambres à vide complexes à réseau optique.
Physique fondamentale et astrophysique #
Parce que les niveaux d'énergie nucléaires dépendent directement de l'interaction forte et de la constante de couplage électromagnétique $\alpha$, les horloges nucléaires offrent une sensibilité nouvelle pour vérifier si les constantes physiques fondamentales varient à l'échelle du temps cosmique et pour sonder des candidats à la matière noire.
Conclusion #
L'arrivée simultanée et non concertée d'horloges nucléaires opérationnelles à Vienne et à Pékin marque un véritable point de bascule dans la mesure du temps de précision. Aucun des deux appareils n'éclipse la précision des meilleures horloges atomiques actuelles, mais égaler la précision atomique dans une recherche de matière noire dès une première génération opérationnelle prouve que l'approche au thorium-229 à l'état solide est viable. La voie immédiate passe par la synthèse : associer la croissance cristalline supérieure de Vienne au laser d'excitation plus puissant de Pékin.
Questions ? Réponses.
Pourquoi le thorium-229 est-il le seul isotope utilisé pour les horloges nucléaires ?
La plupart des noyaux atomiques ont des énergies de transition de l'ordre du kiloélectronvolt (keV) ou du mégaélectronvolt (MeV), ce qui exige des rayons gamma impossibles à produire avec des lasers cohérents de table. Le thorium-229 possède un état isomérique anormalement bas, d'environ 8,3 eV, qui se situe dans la gamme de l'ultraviolet du vide accessible aux systèmes laser modernes.
Les horloges nucléaires remplacent-elles aujourd'hui les horloges atomiques ?
Non. Les horloges atomiques classiques fondées sur le césium-133 et les réseaux optiques de strontium restent les étalons de fréquence primaires dans le monde entier. Les horloges nucléaires au thorium-229 ont égalé la précision des horloges atomiques lors d'une recherche de matière noire de démonstration, mais dépasser la précision atomique reste un objectif d'ingénierie projeté.
Qu'est-ce qui donne aux horloges nucléaires à l'état solide un avantage opérationnel ?
Inclure les noyaux de thorium dans des cristaux solides de fluorure de calcium élimine les chambres complexes de refroidissement laser et de piégeage sous ultravide qu'exigent les horloges atomiques à réseau optique, ce qui pourrait permettre des déploiements sur le terrain bien plus compacts et durcis.
Références #
- Thorsten Schumm et al., (2024). Démonstration de l'horloge nucléaire de la TU Wien ⧉. Nature.
- Shiqian Ding et al., (2024). Étalon de fréquence nucléaire au thorium-229 de l'Université Tsinghua ⧉. Nature.
- BIPM, (2024). Comité consultatif du temps et des fréquences (CCTF) : stratégie pour la future définition de la seconde ⧉. BIPM.
Dernière révision .
Dernière révision .
Republier cet article
Copier le format pour Medium
# Deux horloges nucléaires, à Vienne et à Pékin, pas encore meilleures — Sebastien Rousseau > Originally published at [https://sebastienrousseau.com/fr/2026-09-15-deux-horloges-nucleaires-vienne-pekin-pas/](https://sebastienrousseau.com/fr/2026-09-15-deux-horloges-nucleaires-vienne-pekin-pas/) À Vienne et à Pékin, deux équipes indépendantes ont fait fonctionner les premières horloges nucléaires au thorium-229. Aucune ne dépasse encore les horloges atomiques. Read the full article on sebastienrousseau.com: https://sebastienrousseau.com/fr/2026-09-15-deux-horloges-nucleaires-vienne-pekin-pas/
Copier le format pour Mastodon
Deux horloges nucléaires, à Vienne et à Pékin, pas encore meilleures — Sebastien Rousseau À Vienne et à Pékin, deux équipes indépendantes ont fait fonctionner les premières horloges nucléaires au thorium-229. Aucune ne dépasse encore les horloges atomiques. https://sebastienrousseau.com/fr/2026-09-15-deux-horloges-nucleaires-vienne-pekin-pas/
Copier formaté pour LinkedIn
Deux horloges nucléaires, à Vienne et à Pékin, pas encore meilleures — Sebastien Rousseau À Vienne et à Pékin, deux équipes indépendantes ont fait fonctionner les premières horloges nucléaires au thorium-229. Aucune ne dépasse encore les horloges atomiques. Voici les principaux points stratégiques à retenir : - Deux équipes, deux villes, un résultat. Le fait principal est simple. - Ce que fait réellement une horloge, et ce qui change ici. Les horloges atomiques sont des machines de mesure du temps d'une précision extrême, créées pour la première fois en 1949. - La recette commune : du thorium-229 dans du fluorure de calcium. Les deux horloges nucléaires reposent sur l'isotope thorium-229, piégé dans des cristaux solides de fluorure de calcium. - Le tableau d'honneur, sans fard : pas encore meilleures que les horloges atomiques. Si vous êtes venu chercher un chiffre de précision record, il n'y en a pas. Quelle est l'approche de votre organisation face aux défis évoqués dans cet article ? → https://sebastienrousseau.com/fr/2026-09-15-deux-horloges-nucleaires-vienne-pekin-pas/ #HorlogeNucléaire #Thorium229 #HorlogeAtomique #TuWien #UniversitéTsinghua Sebastien Rousseau | CC-BY-4.0
Citer cet article
Deux horloges nucléaires, à Vienne et à Pékin, pas encore meilleures — Sebastien Rousseau
À Vienne et à Pékin, deux équipes indépendantes ont fait fonctionner les premières horloges nucléaires au thorium-229. Aucune ne dépasse encore les horloges atomiques.
BibTeX
@online{rousseau2026deux,
author = {Rousseau, Sebastien},
title = {{Deux horloges nucléaires, à Vienne et à Pékin, pas encore meilleures — Sebastien Rousseau}},
year = {2026},
url = {https://sebastienrousseau.com/fr/2026-09-15-deux-horloges-nucleaires-vienne-pekin-pas/},
urldate = {2026}
}RIS
TY - GEN AU - Rousseau, Sebastien TI - Deux horloges nucléaires, à Vienne et à Pékin, pas encore meilleures — Sebastien Rousseau PY - 2026 UR - https://sebastienrousseau.com/fr/2026-09-15-deux-horloges-nucleaires-vienne-pekin-pas/ ER -
Vancouver
Rousseau S. Deux horloges nucléaires, à Vienne et à Pékin, pas encore meilleures — Sebastien Rousseau. sebastienrousseau.com. 2026 Sep 15. Available from: https://sebastienrousseau.com/fr/2026-09-15-deux-horloges-nucleaires-vienne-pekin-pas/
Chicago
Rousseau, Sebastien. "Deux horloges nucléaires, à Vienne et à Pékin, pas encore meilleures — Sebastien Rousseau." sebastienrousseau.com. September 15, 2026. https://sebastienrousseau.com/fr/2026-09-15-deux-horloges-nucleaires-vienne-pekin-pas/.
APA
Rousseau, S. (2026, September 15). Deux horloges nucléaires, à Vienne et à Pékin, pas encore meilleures — Sebastien Rousseau. sebastienrousseau.com. https://sebastienrousseau.com/fr/2026-09-15-deux-horloges-nucleaires-vienne-pekin-pas/
Republier cet article
Deux horloges nucléaires, à Vienne et à Pékin, pas encore meilleures — Sebastien Rousseau
À Vienne et à Pékin, deux équipes indépendantes ont fait fonctionner les premières horloges nucléaires au thorium-229. Aucune ne dépasse encore les horloges atomiques.
Cet article est sous licence Creative Commons Attribution 4.0 International. La republication nécessite l'attribution à l'URL canonique.
Deux horloges nucléaires, à Vienne et à Pékin, pas encore meilleures — Sebastien Rousseau À Vienne et à Pékin, deux équipes indépendantes ont fait fonctionner les premières horloges nucléaires au thorium-229. Aucune ne dépasse encore les horloges atomiques. Originally published at https://sebastienrousseau.com/fr/2026-09-15-deux-horloges-nucleaires-vienne-pekin-pas/ by Sebastien Rousseau. Licensed under CC-BY-4.0.
